Taipei, envoyée spéciale.
Ils sont omniprésents. Dans les rues de Taipei, vêtus d'une chemise bleu foncé et d'un pantalon blanc, ils récoltent des fonds pour les victimes du séisme de mardi qui, selon le dernier bilan, a fait 2 133 victimes, 8 000 blessés et laissé environ 100 000 personnes sans abri. Dans les zones sinistrées les plus inaccessibles, ils sont là aussi pour aider les équipes de secours, acheminer des vivres, des couvertures, réconforter et apporter les premiers soins aux blessés. Depuis le début de la tragédie, les membres de l'organisation bouddhique Tzu-Chi n'ont pas ménagé leurs efforts et les Taïwanais leur en sont visiblement très reconnaissants.
Leur remarquable travail commence à faire de l'ombre au gouvernement, dont l'efficacité dans l'organisation des secours est diversement appréciée. «Tzu-Chi est beaucoup mieux organisée que le gouvernement. Eux, au moins, ils étaient là dès les premières heures. Les autorités doivent prendre exemple sur eux», dit une rescapée de Puli, un gros bourg de la province de Taichung, détruit à 90%. Ce sont les habitants des zones sinistrées, surtout, qui se montrent les plus critiques sur l'organisation et la répartition des secours, très inégales selon les zones. Mais les autorités redoutent que ces critiques se généralisent, ce qui, pour le moment, n'est pas le cas.
C'est sans doute pour cette raison que la justice a déjà engagé plusieurs poursuites contre quel-ques petites entreprises de travaux publics, soupçonnées d'a




