Tokyo de notre correspondante
C'est à reculons que les quelque 40 familles qui résident dans un rayon de 350 m autour de l'usine de Tokai-mura ont rejoint hier matin leur domicile. L'ordre d'évacuation de cette zone limitrophe, décidé cinq heures après l'accident nucléaire de jeudi dernier, a pourtant été levé samedi, mais les habitants, peu rassurés, ont pour la plupart attendu le lendemain avant de rentrer chez eux. «J'étais sur le point de réaliser des travaux chez moi. Mais depuis l'accident j'ai décidé de déménager», dit Norio Owada, qui réside à quelque 200 m de l'usine. «Je suis très en colère à l'égard de JCO», la société propriétaire de l'usine.
Violation systématique. Quatre jours après le plus grave accident nucléaire qu'ait connu le Japon, chacun se demande désormais s'il a été provoqué uniquement par une erreur humaine, comme le soutenait jusqu'à présent l'opérateur de l'usine ou, plus grave, s'il est le résultat d'une violation systématique des règles de sécurité élémentaires par les responsables de cette usine. Et, dans ces conditions, le résultat aussi d'un flagrant défaut de contrôle de la part de la commission japonaise de Sûreté nucléaire. Après avoir d'abord tenté de faire porter le chapeau à ses employés irradiés, qui étaient toujours hier dans un état très critique, les responsables de JCO ont fait samedi machine arrière.
Peu après l'accident, ils avaient déclaré que les employés n'avaient pas respecté le manuel d'instruction de l'entreprise et par conséqu




