Tokyo, de notre correspondante.
La ligne officielle ne change pas, le Japon va poursuivre son programme nucléaire. Nommé hier dans le cadre d'un vaste remaniement ministériel qui avait été différé en raison de l'accident de Tokai-mura, le nouveau ministre de la Science et de la Technologie, Hirofumi Nakasone, a réaffirmé que «l'énergie nucléaire est nécessaire au développement du Japon» et que «le gouvernement fera tout pour rétablir la confiance de la population». Mais les observateurs s'accordent à dire que l'accident, le plus grave depuis Tchernobyl, risque de peser sur les choix futurs du pays. Deux employés de l'usine, très gravement irradiés dans l'accident, sont en danger de mort et 50 autres ont été exposés à des rayonnements radioactifs. L'opinion a été aussi choquée par les mesures de confinement qui ont touché plus de 300 000 personnes pendant une vingtaine d'heures dans un rayon de 10 km autour de l'usine.
Selon un sondage du journal Mainichi d'hier, seulement un Japonais sur cinq se déclare favorable au développement de l'énergie nucléaire. L'enquête montre que 45% des sondés ont changé d'avis vis-à-vis du nucléaire après l'accident; 31% appellent le gouvernement a suspendre son programme nucléaire et 38% demandent que le Japon développe d'autres formes d'énergie.
Les conséquences seront visibles sur le long terme, estimait hier l'agence américaine Standard & Poors dans un rapport publié à Tokyo. L'accident «met en cause la viabilité du programme nucléaire», esti




