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Libération
Reportage

La rage d'un chef de guerre tchétchène. Oumar pourfend aussi bien le pouvoir en place à Grozny que les rebelles islamistes.

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Publié le 07/10/1999 à 1h05

Grozny, envoyée spéciale.

Après avoir grandi dans les années 80 en république soviétique de Tchétchéno-Ingouchie, Oumar, 24 ans, «ex-combattant de la première guerre russo-tchétchène», se prépare à un nouveau conflit tout en ne cessant de s'imaginer ce qu'aurait pu être son avenir sans ces guerres. Bien «à l'abri» à l'intérieur du café Méridien de Grozny, comme il dit ironiquement, il est fier de donner son avis sur l'impasse politique dans laquelle la république indépendantiste de Tchétchénie se trouve et de livrer quelques informations sur le fonctionnement des divers groupements armés qui contrôlent son pays. Pas mécontent non plus de montrer que dans cette capitale dévastée, où, dans les dernières années, et uniquement parce qu'ils représentent un capital pour une rançon, de nombreux étrangers se sont fait kidnapper et tuer, il reste quelques endroits tranquilles où l'on fait semblant de vivre normalement. Oumar se prêtera à ce jeu, ravi, pendant toute la discussion.

Otages décapités. En fait de café, le Méridien est un appartement privé transformé en restaurant. Trois femmes décolorées en blonde s'affairent dans la cuisine. Dans deux autres pièces, on a simplement installé un divan, une table, des chaises et une télé, comme à la maison. Le Méridien a ouvert après la guerre, début 1997. «On trouve ce type de café dans tous les coins de Grozny, explique Oumar. Et on y mange très bien.» C'est un lieu essentiellement fréquenté par des hommes armés, qui ont suffisamment d'arge

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