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Libération
Interview

Le président Konan Bédié s'exprime sur la crise ivoirienne: «La démocratisation s'est faite trop vite».

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Publié le 12/10/1999 à 1h09

A un an de l'élection présidentielle, la seconde depuis la

disparition, en 1993, de Félix Houphouët-Boigny, la Côte-d'Ivoire vit dans un climat de guerre civile naissante. La rivalité entre le successeur d'Houphouët et l'un de ses anciens Premiers ministres ­ Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara ­ non seulement empoisonne la vie politique mais, par-delà, dresse le Nord musulman contre le Sud chrétien, les Ivoiriens contre les étrangers vivant dans le pays, souvent depuis longtemps. Ainsi, Ouattara, lui-même musulman, menacé de ne pas pouvoir se présenter à la prochaine élection, a déclaré samedi à Paris que les tracasseries dont il est victime ont pour but de «faire en sorte que la Côte-d'Ivoire ne tombe pas aux mains des musulmans». Et d'ajouter qu'il irait «jusqu'au bout». Dans une interview recueillie avant la déclaration d'Ouattara, le président Bédié s'est expliqué à Libération.

N'est-ce pas vous qui avez mis le feu aux poudres avec l'«ivoirité», l'affirmation d'une préférence nationale?

Nous sommes une population qui intègre 33% d'étrangers. Qu'on cesse de nous faire la leçon! Aucun pays, pas seulement en Afrique, ne nous arrive à la cheville pour ce qui est de l'hospitalité. En Afrique de l'Ouest, sur 100 migrants, 98 viennent en Côte-d'Ivoire. Chez nous, il y a des étrangers dans tous les secteurs de l'économie. Après l'indépendance, des étrangers ont été ministres en Côte-d'Ivoire. Houphouët-Boigny, qui n'était pas français mais qui avait été, avant l'indépen

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