Stockholm, de notre correspondant.
«Le combat est fini.» Après avoir longuement réfléchi, Per Francke s'est résigné, il y a quelques jours, à rédiger son dernier communiqué. «Le combat est fini. L'Association des combattants de la liberté s'arrête"» Dans son appartement de Stockholm, Per Francke aime bien montrer une miniature. Il faut se pencher pour voir que, sur la peinture, cette longue rature représente un défilé où les manifestants de tête ne font pas plus d'un demi-centimètre, drapeau rouge compris. «Ådalen», dit-il simplement. En 1931, cette manifestation s'était soldée par la mort de cinq grévistes tirés par la troupe. Dans l'entrée du logement, un porte-lettres mural en tissu souffre sous le poids de dizaines de badges. Ils résument les coups de coeur et les révoltes que ce vieux militant suédois de 79 ans a partagé ces dernières décennies: contre le nucléaire, les dictatures d'Amérique du Sud, la CEE, le racisme, le franquisme ou le nazisme. Per Francke sera le dernier président de l'Association des combattants de la liberté.
1946: le Club des prisonniers politiques La lutte a cessé faute de combattants. Per Francke ouvre un vieux cahier d'écolier à la couverture vert olive barrée de larges rayures verticales à l'allure de barreaux de prison. C'est le premier registre des adhérents. En face de la plupart des noms, la mention «Död» (mort). Ils ne sont plus que douze et Per est l'un des plus jeunes. Lorsqu'elle fut créée, en 1946, l'Association s'appelait Club des p




