La démonstration de force était sans précédent: quelque 500 000
personnes ont manifesté pour l'indépendance et l'organisation d'un référendum d'autodétermination, hier, dans le centre de Banda Aceh, la capitale de la province indonésienne d'Aceh. Situé au nord de l'île de Sumatra, le petit territoire très riche en gisements gaziers compte à peine 4,5 millions d'habitants.
Après l'indépendance accordée au Timor oriental voilà quelques semaines, beaucoup d'habitants de cette province estiment qu'il est temps pour Aceh de s'affranchir de Djakarta. Dès samedi, les manifestants ont afflué par centaines de milliers depuis tout le territoire, à l'appel d'étudiants indépendantistes et des combattants de Gerakin Aceh Merdeka (Aceh libre), le mouvement de guérilla créé, en 1976, par Hasan di Tiro, aujourd'hui exilé en Suède.
Submergée par le nombre, l'armée indonésienne brillait hier par son absence. La population lui reproche la répression brutale (meurtres, disparitions, exécutions), à laquelle elle s'est livrée au début des années 1990. Djakarta est en outre accusé d'accaparer la quasi-totalité des richesses naturelles du territoire.
Peu après son élection à la tête de l'Indonésie le mois dernier, le nouveau président indonésien, Abdurrahman Wahid, s'est déclaré favorable à un référendum, sans toutefois arrêter de calendrier. Il a annoncé avoir reçu des responsables d'Aceh libre et s'être entretenu par téléphone avec Hassan di Tiro. Pourtant, les principaux intéressés ont démenti avoir




