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Chasse aux burkinabé en Cote-d'Ivoire. 20000 immigrés, victimes d'un «nettoyage foncier» dans le Sud.

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Publié le 25/11/1999 à 1h33

Tabou, envoyé spécial.

Sur la piste en latérite, il n'y a plus de guerriers armés d'arc et de flèches, de machettes ou de fusils à plomb. Les femmes munies de bâtons et de clochettes, qui avaient incité à redoubler d'ardeur dans la traque des Mossis, Dagaris et Lobis, trois ethnies du Burkina Faso ( pays voisin enclavé dans le Sahel à mille kilomètres de là) sont rentrées dans leurs cases. On n'entend plus les «tam-tams parleurs» battre le pouls de la guerre. Celle-ci est finie, ou presque. Après trois semaines de chasse à l'homme dans l'extrême sud-ouest de la Côte-d'Ivoire, près de 15 000 Burkinabè sont retournés chez eux par leurs propres moyens. Les autres, environ 6 000, n'ont pas l'argent (165 francs) pour payer le transport. Agrippés à un maigre balluchon, ils sont pour la plupart réfugiés à Tabou, la grande ville sur la côte. Hier, c'est un organisme d'intégration régionale, le Conseil de l'entente, qui a envoyé les autocars nécessaires à leur rapatriement" Plantations d'hévéas. Réunis dans la paillotte du «chef de terre», Joseph Kla Ire, les vieux de Besséréké racontent comment tout a commencé. Malgré le rituel des salutations et de la noix de cola partagée en début de palabres, malgré aussi le respect affiché des «jeunes» qui se tapissent au fond, c'est une histoire très moderne. Car, révolus sont les temps où il suffisaient d'une bouteille de liqueur forte et d'un peu d'argent (entre 50 et 300 francs par hectare) pour se faire donner un coin de forêt à essarter, u

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