L'armée indonésienne a ouvert le feu sur une foule de Papous
militant pour l'indépendance de la province d'Irian Jaya, à l'est du pays. Quelque 28 personnes auraient été blessées, a rapporté hier un groupe local de défense des droits de l'homme. L'incident a eu lieu mercredi à Timika, ville frontalière de l'Etat indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'armée a tiré, alors que des manifestants s'opposaient à ce que le drapeau des indépendantistes papous hissé le 10 novembre dernier soit descendu par les militaires indonésiens. Le mouvement indépendantiste papou, à l'instar de la province d'Aceh, au nord de l'archipel, a multiplié les gestes de défi depuis que Djakarta a renoncé au Timor oriental, fin octobre. Le jour de l'incident de Timika, les Papous avaient défilé par centaines de milliers dans toute la province, où les habitants se considèrent plus proches des peuples mélanésiens que des Javanais, prédominants en Indonésie. Ils célébraient l'anniversaire de la proclamation de l'indépendance du territoire le 1er décembre 1961. Mais l'Indonésie avait proclamé sa souveraineté en Irian Jaya en 1963, reconnue en 1969 par l'ONU.
A plus de 2 000 km de là, dans la province d'Aceh, où plus de 1 million d'indépendantistes (sur une population de 4,5 millions) ont manifesté début novembre, le mouvement séparatiste a menacé Djakarta d'organiser son propre référendum d'autodétermination si Djakarta refusait de le faire. A peine élu, le nouveau président indonésien, Abdurrahman Wah




