Ignalina, envoyé spécial.
Dans le bâtiment administratif de la centrale nucléaire d'Ignalina, au nord-est de la Lituanie, des peintres s'affairent. Le couloir qui mène au bureau du directeur sera bientôt flambant neuf. «Des travaux comme ça, il y en a partout en ce moment dans la centrale. Elle sera idéale" juste pour sa fermeture.» Mantas Gurkis ne cache pas son amertume. Ce jeune Lituanien, responsable de la sécurité à Ignalina, peste contre l'Union européenne (UE), qui a fini par forcer la main de la République balte: Ignalina, la centrale qui fait peur à l'Ouest mais qui fournit près de 80% de l'énergie du pays et permet de gagner des devises à l'exportation, sera fermée. Le premier réacteur sera démantelé d'ici à 2005. Le second suivra en 2009. «Les dégâts économiques seront énormes. L'Union européenne, c'est peut-être pas mal, mais ni à ce prix, ni dans ces conditions.»
Améliorations. Dans son immense bureau, Victor Chevaldin reçoit avec jovialité. Il connaît Ignalina depuis son premier gramme d'uranium. Il a ouvert le bloc numéro 1 en décembre 1983, le deuxième en août 1987. Quant au troisième, il est resté à l'état de chantier, l'accident de Tchernobyl ayant signé son arrêt de mort. Depuis 1991, lorsque la république de Lituanie a officiellement pris les commandes d'Ignalina, Chevaldin est le directeur de la centrale. Toutes ces années, il s'est battu pour faire valoir les améliorations apportées à la sécurité, avec l'aide des Occidentaux eux-mêmes. Aujourd'hui, il a




