Abidjan, de notre correspondante.
En pleine crise politique, Abidjan a vécu hier des heures chaudes lorsque des coups de feu tirés par des militaires ont commencé à retentir dans les rues. «Il était 12 h 33 quand un camion de militaires est entré dans la cour, raconte le gardien d'un magasin du quartier résidentiel des Deux Plateaux. Sept bérets rouges sont descendus. On pensait qu'ils venaient faire des achats. Mais ils ont pris l'argent des caisses. D'autres ont essayé de revenir, mais on a fermé le magasin, alors ils sont repartis.» D'après tous les témoignages les mutins d'Adbijan n'avaient qu'une revendication: des sous. Les récits de braquages et pillages se sont multipliés, hier, alors que les soldats sillonnaient la ville, tirant des rafales en l'air, mais sans faire de blessé. Vers 14 heures, ils ont investi le siège de la radio et celui de la télévision, qu'ils tenaient toujours en fin d'après-midi.
En cette veille de Noël, les soldats du premier bataillon d'Akouedo, à l'est de la ville, ont décidé d'exprimer leur ras-le-bol les armes à la main. Ils affirment faire partie d'un contingent envoyé en Centrafrique par l'ONU, et réclament le paiement de primes. Tout a commencé, semble-t-il, dans la nuit de mercredi à jeudi, quand un groupe de soldats s'est rendu au domicile du commandant de l'armée de terre pour exiger son argent. S'est ensuivi un échange de coups de feu faisant un blessé. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres.
Face aux troubles, les Abi




