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Aux Moluques, les affrontements religieux font encore 50 mortsLa cohabitation musulmans-chrétiens est toujours à vif.

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Publié le 29/12/1999 à 2h16

Colonnes de fumées flottant sur la ville, églises et mosquées

réduites en cendres, affrontements intercommunautaires à coups de bombes artisanales et de fusils automatiques, cadavres décapités traînés derrière des véhicules: l'archipel indonésien des Moluques prend des airs de pandémonium. Les heurts entre chrétiens et musulmans, qui ont fait près de 800 morts en janvier 1999 dans cet «archipel aux épices» dont on louait autrefois l'harmonie communautaire, se sont soudainement aggravés en cette fin d'année. Hier, un bilan provisoire faisait état de près de 50 morts et de centaines de blessés en l'espace de trois jours à Amboine, la capitale de ce groupe d'îles peuplé de 3 millions d'habitants.

Soupçons sur l'armée. L'explosion de violence se serait déclenchée dimanche après qu'un adolescent musulman de 14 ans eut été renversé par une voiture conduite par un chrétien. Déjà, la semaine dernière, 125 personnes, chrétiennes en majorité, avaient péri dans des massacres sur l'île de Buru, à l'est d'Amboine. Depuis le début du mois, les affrontements interreligieux sur l'île d'Halmahera, au nord des Moluques, ont fait une centaine de morts, a estimé hier l'agence officielle indonésienne Antara.

Loin de circonscrire la flambée de haine qui s'est emparée de l'archipel voilà un an, l'envoi régulier de renforts militaires et policiers par le pouvoir central de Djakarta, afin de rétablir l'ordre, semble avoir attisé les conflits. Les troupes indonésiennes, elles-mêmes multiethniques et com

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