Washington, de notre correspondant.
«C'est quand même un début, non? Qu'après 4 000 réunions le Conseil de sécurité en consacre une, pour la première fois, à un problème de santé publique», a fait remarquer, lundi matin sur la chaîne de télé NBC, le vice-président des Etats-Unis, Al Gore, avant de se rendre à New York pour prendre la parole devant le Conseil et appeler à une mobilisation générale pour lutter contre le sida en Afrique.
«Holocauste silencieux». Le délégué américain aux Nations unies, Richard Holbrooke, a pris une initiative sans précédent en décidant de faire du mois de présidence américaine du Conseil (janvier) un «mois de l'Afrique». Et en consacrant une réunion à l'épidémie qui ravage le continent africain, où, a rappelé Gore, «plus de gens mourront du sida dans les dix premières années du XXIe siècle que le nombre total de soldats tués dans les conflits armés du XXe». Pour la première fois, «l'holocauste silencieux» est reconnu comme «une menace pour la sécurité», non seulement de l'Afrique, mais du globe. Le sida décime aussi bien les élites africaines que les populations, il épuise les budgets, paralyse les infrastructures médicales et déstabilise des régions entières.
Gore a annoncé que les Etats-Unis donneraient l'exemple en inscrivant 150 millions de dollars (900 millions de francs) à leur budget d'aide étrangère (342 millions de dollars) pour financer la lutte antisida par la prévention, l'information, l'accueil des orphelins, mais aussi, comme le propo




