Abidjan, envoyés spéciaux.
Il ne le dit pas encore explicitement mais le général qui a pris le pouvoir à Noël en Côte-d'Ivoire sera candidat à la prochaine présidentielle. A 58 ans, Robert Gueï, l'ancien chef d'état-major de l'armée ivoirienne que le président Bédié avait limogé en 1995 et que les mutins ont fait revenir du village le 24 décembre dans des circonstances rocambolesques, rêve d'un destin. Mais, pour l'heure, il veut «balayer la maison ivoirienne», assainir les moeurs politiques et jeter les bases d'une «vraie démocratie». Petit, conciliant mais aussi madré que son idole, Félix Houphouët-Boigny le premier président et, pendant trente-trois ans, «père» de la Côte-d'Ivoire , le général Gueï, sorti de Saint-Cyr et de l'Ecole de guerre à Paris, se veut consensuel en même temps qu'investi d'une «mission». Dans sa résidence à Abidjan, quinze jours après le coup d'Etat, il s'en explique à Libération.
Le putsch de Noël nourrit des supputations. Comment l'avez-vous vécu?
D'abord de loin! J'ai en effet quitté Abidjan le 23 décembre vers 6 heures du matin. Je me suis arrêté en chemin et je ne suis donc arrivé chez moi, après plus de 600 km, qu'à 14 heures. Là, on me dit que mon épouse, qui était restée à Abidjan, avait déjà appelé quatre fois. Je me suis inquiété mais je n'ai pas réussi à la rappeler. Je me suis rendu, comme prévu, sur le chantier de ma résidence secondaire. A 22 heures, un homme à mobylette est venu me dire que mon épouse me demandait de rentrer tout de s




