C'est un coup de théâtre. Sur le point d'être laborieusement
reconduite après trois mois de tractations, la coalition socialiste (SPÖ) et conservateur (ÖVP) qui gérait le pays depuis treize ans s'est effondrée avant même d'avoir constitué une équipe gouvernementale. Hier vendredi, à 3 heures du matin, le chancelier sortant Viktor Klima (social-démocrate) a annoncé que le directoire de son parti avait refusé la reconduction de l'alliance. Le président de la République Thomas Klestil vient d'accorder à Viktor Klima une semaine supplémentaire, que celui-ci compte utiliser afin de mettre en place un gouvernement minoritaire.
Depuis trois jours, les dissensions apparues entre les cadres des partis sociaux-démocrates et conservateurs étaient devenues de plus en plus violentes. L'ultime accrochage se fit sur la distribution de quelques ministères-clés, comme l'Intérieur, les Affaires sociales ou les Finances, traditionnellement aux mains des sociaux-démocrates. Mais le coup final est venu de l'intérieur-même du SPÖ. Rompant avec des décennies de soumission totale aux cadres du parti, les chefs de l'ÖGB la puissante centrale syndicale liée au SPÖ ont décidé de refuser le programme politique et surtout la nouvelle politique d'austérité négociée avec tant de peine par les «têtes» du SPÖ et de l'ÖVP.
Personne ne sait maintenant ce qui va se passer dans une situation aussi inédite. Viktor Klima va tenter de former un gouvernement dit «minoritaire», car il ne dispose d'aucune possible m




