Menu
Libération

Le malaise d'un supplétif des fédéraux. Le Tchétchène Saïd s'est engagé dans une milice.

Réservé aux abonnés

Publié le 25/01/2000 à 21h43

Ourous Martan, envoyée spéciale.

Le bois coupé est empilé sous le préau de la cour, à l'abri de la neige. Les ribambelles de chaussures sont étalées, pêle-mêle, au pied des trois marches qui mènent à une porte de bois, preuve qu'il y a du monde à l'intérieur. Il n'y a pas de vitres aux fenêtres, mais deux couches superposées de plastique cloué à même le chambranle. Début décembre, cette maison était vide, car Ourous Martan était sous le feu des Russes, désireux d'entrer dans cette ville située à une trentaine de kilomètres de la capitale et considérée comme le fief des wahhabites (musulmans fondamentalistes).

Milice. Aujourd'hui, trois des huit frères Khabdiev y sont revenus avec femme et enfants et ils sont tous enrôlés dans la milice portant le nom de Bislan Gantemirov, cet ancien maire de Grozny emprisonné en Russie depuis 1996 pour escroquerie et récemment relâché afin de «mettre de l'ordre» en Tchétchénie.

Saïd-Mogamed, 39 ans, ne cache pourtant pas sa déception: «Ces "gantemirovski (homme de Gantemirov en russe, ndlr) n'ont absolument aucune fonction, si ce n'est celle d'attirer l'attention de l'opinion publique. Les Russes veulent que le monde extérieur croie que des hommes tchétchènes sont de leur côté. Mais en fait, ce n'est pas vrai, c'est de l'esbroufe, de la publicité!» A la tombée de la nuit, ils se rhabillent pour aller faire leur ronde avec trente autres hommes.

Classe moyenne. Petit, râblé, Saïd-Mogamed est souvent pris pour un wahhabite, «uniquement parce qu'il

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique