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Un proche d'Eltsine sous mandat d'arrêt international. L'enquête suisse sur Borodine impliquerait le clan Eltsine.

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Publié le 28/01/2000 à 21h38

Genève de notre correspondant

Pavel Borodine, nommé, en 1993, par le président russe, Boris Eltsine, pour diriger l'administration du Kremlin, un empire économique qui comprend 3 millions de kilomètres carrés de bâtiments officiels, est depuis la fin décembre sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Le procureur général du canton de Genève, Bernard Bertossa, a confirmé cette information parue dans le Monde daté d'hier. Derrière la figure haute en couleur de Borodine se profile le clan Eltsine, et notamment la fille de l'ex-président, Tatiana Diatchenko.

Après plusieurs mois d'enquête, le juge d'instruction genevois Daniel Devaud a estimé que les charges retenues contre Pavel Borodine pour blanchiment d'argent étaient suffisantes pour procéder à une mise en examen (un mandat d'amener en droit suisse). Il risque trois ans de prison. Cette décision, suivie de l'émission du mandat d'arrêt international, a des effets limités. La Russie, comme la plupart des pays, n'extrade pas ses ressortissants. En pratique, cette mesure limite les déplacements à l'étranger de Borodine, à moins qu'il ait envie de goûter à l'hospitalité du monde carcéral suisse.

Corruption. C'est le procureur russe, Iouri Skouratov, par la suite écarté de ses fonctions pour son activisme, qui, fin 1998, avait alerté les Suisses sur les liens troubles qu'entretenaient Pavel Borodine avec Behgjet Pacolli, patron de la Mabetex, une société de construction basée à Lugano. Iouri Skouratov avait accusé Behgjet Paco

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