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Libération

A Los Angeles, le danger venait des policiers. Racket, drogue, corruption, crimes: la police forme le pire des gangs du ghetto.

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Publié le 04/02/2000 à 22h26

Los Angeles, correspondance.

C'est un record dans l'histoire de la police américaine: quatre-vingt-dix-neuf innocents envoyés en prison par les flics «ripoux» du commissariat de Rempart, en plein ghetto de Downtown Los Angeles. Et il ne s'agit que d'un premier chiffre révélé cette semaine par Bernard Parks, le chef du LAPD (Los Angeles Police Department), qui a publié la liste des 99 noms. L'enquête menée par ses services pourrait atteindre le millier d'hommes condamnés injustement entre 1995 et 1998.

Des chiffres terribles qui, pourtant, ne provoquent pas la vague d'indignation nationale qui avait suivi le tabassage ­ filmé en direct par un amateur ­ d'un automobiliste noir, Rodney King, par des policiers blancs en 1991, et qui avait déclenché de violentes émeutes noires, détruisant plusieurs quartiers de Los Angeles. Ici, il ne s'agit pas de racisme: les policiers de Rempart comme leurs victimes, sont pratiquement tous des Latinos.

Faux témoignages. Et, surtout, les méfaits des policiers du Crash (brigade spéciale antigang) sont sans images. A l'exception de celle de l'une de leurs victimes, Javier Ovando, que l'on a vu sortir de prison sur son fauteuil roulant: à 19 ans, Ovando, membre d'un gang, avait été jeté à terre au cours d'une descente du Crash dans un appartement où il se trouvait, menotté par les policiers qui lui avaient tiré une balle dans la tête à bout portant, le laissant paralysé à vie. Puis les inspecteurs étaient allés chercher une arme pour la poser à côté

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