Notre envoyée spéciale en Tchétchénie, Anne Nivat, s'est vue saisir
lundi tout son matériel, notamment son téléphone satellitaire, par le FSB (ex-KGB) à Novye Atagui (sud de Grozny). Désormais sans moyen de communication, elle a pu faire parvenir un message, hier, au bureau moscovite de Libération. A l'issue d'une perquisition, elle a été laissée en liberté mais le propriétaire de la maison où elle se trouvait, un membre du Parlement tchétchène, Rezvan Varsanov, a été arrêté. Libération proteste contre cette entrave à la liberté d'informer et réclame la restitution de tout le matériel confisqué carnets de notes, d'adresses, etc. Correspondante du quotidien Ouest-France et collaboratrice régulière de Libération, Anne Nivat est l'une des rares journalistes occidentales à couvrir, depuis le début, le conflit du côté tchétchène. Ses reportages ont été repris par de nombreux journaux européens. Dans une lettre adressée hier au ministre de la Justice Youri Tchaïka, Reporters sans frontières s'associe à cette protestation: «Alors que le sort d'Andreï Babitski, arrêté par l'armée le 16 février, demeure toujours inconnu, le gouvernement russe viole une nouvelle fois ses engagements en faveur de la liberté de la presse.» Cette affaire illustre les difficultés particulières pour les journalistes à couvrir ce conflit où les généraux russes entendent contrôler toute l'information. Comme la quasi- totalité des correspondants étrangers, Anne Nivat s'était vue refuser une accréditation au




