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Les Karens, une guérilla saignée. Des escadrons de la mort birmans harcèlent la minorité rebelle.

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Publié le 18/02/2000 à 22h31

Waleikhe (Birmanie), correspondance.

Appuyé sur sa canne, le vieil homme traverse lentement le pont de planches qui enjambe un torrent, aux confins de la Thaïlande et de la Birmanie. Avec son béret et son épais gilet de laine, ce pourrait être n'importe quel paisible grand-père. Seule la présence de guérilleros karens, qui lui ouvrent le passage, fusils d'assaut M 16 en batterie, indique que ce vieillard placide n'est pas banal. Le général Bo Mya, 73 ans, chef incontesté pendant un quart de siècle de la guérilla karen ­ la plus importante minorité ethnique de Birmanie ­, vient de prendre sa retraite. Et à son image, la guérilla karen, après un demi-siècle de lutte contre le pouvoir centralisateur birman, est au bout du rouleau. Dans le camp de Waleikhe en Birmanie, à quelques dizaines de mètres de la frontière, la cérémonie célébrant le 51e anniversaire du soulèvement karen, qui remonte au 31 janvier 1949, était anormalement anodine. Pas de parade militaire ni même de danses traditionnelles comme lors des années précédentes. Juste quelques discours, quelques chansons, et une poignée de soldats dégustant du riz au poisson accroupis sous une cahute au toit de feuilles. «Je ne peux pas prendre de repos tant que les Karens n'obtiennent pas la liberté. Je dois continuer la lutte», indique le corpulent Bo Mya, assis sur un banc de rondins. Mais on sent que le coeur n'y est plus vraiment, que le discours ronronne à force d'avoir été répété.

«Culottes courtes». Et pourtant, les exact

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