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Sri Lanka: l'inlassable combat des Tigres. Colombo propose une autonomie aux Tamouls. Le LTTE exige l'indépendance.

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Publié le 23/02/2000 à 22h39

Colombo, Jaffna, envoyé spécial.

Sudath Devapura, le président du Congrès bouddhiste de Ceylan, couve du regard la statuette de Bouddha bien astiquée et installée bien en vue sur son bureau. L'air songeur, il livre au visiteur ses réflexions sur la guerre impitoyable qui oppose depuis dix-sept ans l'Etat sri lankais aux indépendantistes tamouls. «Il ne faut pas négocier avec eux. Au contraire, je considère qu'il est du devoir du gouvernement d'augmenter le budget militaire.» Assis à ses côtés, Nemsiri Mutukumara, un autre haut responsable cinghalais du Congrès bouddhiste, ajoute sur un ton véhément que «même s'il s'agit d'y consacrer la moitié du PIB du pays, peu importe. Tout doit être fait pour écraser par la force les Tigres» (le mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul, LTTE). Au Sri Lanka, l'influente sangha (communauté) bouddhiste ne mâche pas ses mots. La guerre civile que se livrent depuis 1983 la majorité cinghalaise bouddhiste et les insurgés de la minorité tamoule, hindouiste et chrétienne, a accumulé une couche de rancune épicée comme un curry. «Les Tamouls veulent nous arracher la moitié du pays», fait Mutukumara, l'oeil oblique. Il brandit une gravure de propagande au style cru: un Tamoul basané écrase le crâne ensanglanté d'un Cinghalais en toge. «Les Tamouls vivent parmi nous comme une cinquième colonne, contrôlent presque tout, les entreprises, les banques, les médias, et se prennent pour une race supérieure, alors que ce ne sont pas les Tamouls

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