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Des Tchétchènes réfugiés depuis cinq mois en Ingouchie. A l'abri dans un kolkhoze en ruine.

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Publié le 11/03/2000 à 22h55

Malgré de lourdes pertes côté russe et trois poches de résistance où

se retranchent plusieurs milliers de combattants tchétchènes, Moscou affirmait vendredi que la guerre était «dans sa phase finale». Se voyant déjà vainqueur, sur le front et dans les urnes, Vladimir Poutine s'est prononcé pour une administration directe de la Tchétchénie par le Kremlin pendant deux ans, excluant tout statut particulier pour ce territoire indépendantiste.

Nazran (Ingouchie), envoyé spécial.

Lors de la guerre précédente de 1994-1996, les Tchétchènes de Nojaï-Iourt avaient trouvé refuge à deux pas de chez eux, au Daguestan. Cette fois, début septembre, leur village, quasi frontalier, fut l'un des premiers a être la cible des bombardements russes. Mais les habitants n'ont pas pu franchir la frontière daguestanaise: fermée à tous les Tchétchènes. Alors, ils ont traversé la petite République en montant au nord, puis en obliquant vers l'ouest, pour gagner l'Ingouchie, où ils sont arrivés aux premiers jours d'octobre. «On est partis comme on était, en robe légère, et on a tout laissé, les conserves, les confitures, tout ce qu'on avait préparé pour l'hiver», dit l'une des filles de la vieille Khaoura Aboukarova partie avec ses huit fils, ses deux filles et ses trente petits-enfants. Avec les voisins, cela faisait un convoi d'une centaine de personnes. Entassés dans deux voitures Jigoulis, un camion Kamaz et un camion Zil appartenant à l'un d'entre eux qui, à Nojaï-Iourt, s'en sortait bien en dirigeant

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