Exit Kjell Magne Bondevik. Le Premier ministre chrétien-démocrate
norvégien n'a pas résisté à la pression du gaz. Vendredi, il a présenté au roi Harald la démission de son gouvernement, après avoir perdu la veille au soir un vote de confiance au Parlement, retransmis en direct à la télévision. En temps normal, son gouvernement de coalition centriste n'avait le soutien que d'un quart des 165 membres du Storting (Parlement norvégien). Jeudi soir, 71 lui ont maintenu leur confiance, mais cela n'a pas suffi.
Bondevik, ancien pasteur, a chuté sur un projet de construction d'usines électriques alimentées au gaz. Le Premier ministre s'y opposait, en raison des risques d'augmentation des émissions de dioxyde de carbone. Il s'était engagé à respecter les engagements pris à Kyoto en 1997, où la Norvège avait promis de réduire ses émissions de 23% d'ici à 2010. «Construire deux usines à gaz avec la technologie actuelle augmenterait les émissions de CO2 de 6%, autant que les gaz d'échappement de 700 000 voitures», avait prévenu Bondevik, partisan d'attendre une solution moins polluante.
Artiste. L'opposition, travaillistes et conservateurs réunis, n'a pas accepté cet argument. La Norvège, disent-ils, doit déjà importer de l'électricité du Danemark, produite à partir de centrales à charbon bien plus polluantes. Sujet délicat, d'autant que la Norvège est le quatrième exportateur mondial de gaz. «Quelle est cette sorte de morale, critiquait un responsable social-démocrate, de gagner de l'arg




