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Libération

Mozambique: une averse et la panique. Reportage dans un camp touché par des pluies récentes.

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Publié le 11/03/2000 à 22h55

Changala, envoyé spécial.

Le temps est couvert et les enfants jouent sur la route. De toute façon, aucun véhicule ne passe plus par là. Le bitume est coupé 2 km plus loin. Avant les pluies, c'était la grande artère qui menait les camions vers le nord, vers Inhambane. Il y a bien ce 4 x 4 qui passe de temps à autre, mais les enfants le connaissent bien. Lui et ses occupants de la Croix-Rouge espagnole font juste quelques allers-retours entre l'ancien village de Changala, à moitié englouti, et la nouvelle cité, composée d'une centaine de tentes plantées au sec.

Les enfants y vivent depuis deux semaines, comme leurs parents et 600 autres réfugiés de la dernière pluie. Il ne pleut plus depuis bientôt quinze jours. Mais, ce mercredi, le ciel est plombé. «Ça ne va pas tarder, il y a cette odeur particulière, comme la dernière fois.» Victoria est secouriste volontaire. Elle est arrivée ici après l'inondation du 4 février. Le camp, elle a aidé à le monter après la seconde crue. Et, depuis, il faut s'occuper de ces habitants. Surtout, ne pas faire mine de craindre une nouvelle averse. Alors, elle joue avec les enfants.

Piero, lui aussi, scrute le ciel. Il vit au camp de Changala avec sa femme et leurs deux enfants. «Je ne veux surtout pas qu'ils s'éloignent. La dernière fois, ils jouaient sous un arbre. Il a failli leur tomber dessus à cause du vent.» Sa maison est sous les eaux. Piero et les autres hommes sont réquisitionnés pour mettre les vivres à l'abri. Les lourds sacs de farine

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