Après l'indépendance de Ceylan en 1948, les 3 millions de Tamouls
(18% de la population), de confession principalement hindouiste mais aussi chrétienne, ont été discriminés par la majorité cinghalaise, de confession bouddhiste (13 millions, soit 73% de la population). Cette ségrégation touchait la langue (le tamoul s'est longtemps vu refuser le statut de langue officielle) et l'éducation. Les Cinghalais considéraient ces mesures, depuis supprimées, comme un juste retour des choses, les autorités coloniales britanniques ayant favorisé l'éducation des Tamouls, qui dominaient largement dans l'administration coloniale. D'où un violent ressentiment cinghalais à leur égard après l'indépendance. Victime de pogroms, les Tamouls se sont efforcés de reprendre leur place par la voie politique, puis, à partir des années 70 et pour certains d'entre eux, par la violence.
Bien que majoritaires, les Cinghalais entretiennent un complexe d'infériorité à l'égard des Tamouls, qui sont 50 millions dans l'Inde voisine. Les mouvements de guérilla tamouls ont longtemps trouvé un soutien financier et militaire (camps d'entraînement) en Inde, au Tamil Nadu. Le mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) a été formé, en 1972, sous l'appellation «Tamil New Tigers», dont le sigle (TNT) définissait la nature violente du projet politique. Son chef, Velupillai Prabhakaran (46 ans), a entamé sa carrière en assassinant, en 1975, le maire de Jaffna. Le LTTE, qui se proclame le représentant de to




