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Libération

Pekin met le pied dans les urnes taiwanaises. La Chine menace l'île en cas d'élection d'un indépendantiste.

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Publié le 16/03/2000 à 23h37

Pékin, Taipei, envoyés spéciaux.

«Les Taïwanais sont à un carrefour historique très critique: n'agissez pas par impulsion pour décider de la voie que doit suivre Taiwan (pour ou contre l'indépendance, ndlr), car vous n'aurez pas de seconde occasion de le regretter.» C'est avec cette mise en garde très ferme que le Premier ministre chinois, Zhu Rongji, s'est adressé directement, hier à Pékin, aux 15 millions d'électeurs taïwanais qui doivent décider samedi de leur nouveau Président. Avec une cible précise: le candidat indépendantiste Chen Shui-bian, en faveur duquel joue une réelle dynamique de fin de campagne. Ces dernières semaines, les pressions chinoises se sont multipliées sur Taiwan. La Chine communiste, qui considère l'île comme une «province rebelle», souhaite sa réunification au continent et n'exclut pas le recours à la force si Taiwan prononçait son indépendance ou ­ nouvelle condition récemment énoncée dans un «livre blanc» ­ si Taipei refusait d'entamer des négociations avec Pékin.

Trois principaux candidats sont encore en mesure de l'emporter samedi: le vice-président Lien Chan, du parti Kuomintang (KMT), au pouvoir depuis 1949, qui a visiblement la préférence de Pékin; le candidat indépendant James Soong, qui a proposé hier de signer un traité de paix avec la Chine s'il était élu; et Chen Shui-bian, le représentant du Parti démocrate progressiste (DPP), dont le programme historique se prononce en faveur de l'indépendance, même s'il a mis ce thème en sourdine. Chen

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