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L'Europe se rallie à une condamnation de la Chine. Renonçant au dialogue, elle suit les Etats-Unis.

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Publié le 25/03/2000 à 23h18

Genève, de notre correspondant.

La décision est encore confidentielle, mais elle a été prise cette semaine à Bruxelles: après des discussions laborieuses, l'Union européenne a décidé de se joindre aux Américains pour tenter de condamner la Chine dans le cadre de la 56e session de la Commission des droits de l'homme des Nations unies qui se tient actuellement à Genève. La France, qui avait été l'un des principaux artisans du «dialogue constructif» avec Pékin, a reconnu l'échec de cette tentative. Avec plus de 1 600 exécutions capitales, la multiplication d'arrestations d'opposants et l'utilisation de la torture, le bilan n'est pas vraiment satisfaisant.

Mais jusqu'au dernier moment, les Européens, et particulièrement les Français, hésitaient à suivre les Américains. L'Union européenne a du reste décidé de se démarquer de Washington, selon la formule d'un diplomate, par «une subtile gradation» dans la volonté de condamner Pékin. Les Européens ne vont donc pas «coparrainer» la résolution américaine, mais se contenteront de la voter. Officieusement, il s'agit de «ne pas se faire instrumentaliser par l'administration Clinton sur la question des droits de l'homme en Chine». L'administration Clinton veut en effet désamorcer l'opposition du Congrès en vue de l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en montrant qu'elle ne sacrifie pas ses principes moraux sur l'autel du marché. Côté européen, la volonté de ne pas apparaître comme «le wagon de queue de la loco

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