Lisbonne, envoyés spéciaux.
Tony Blair peut être content: ses partenaires se sont rendus à sa «troisième voie» lors du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement consacré à l'emploi qui s'est achevé hier après-midi, à Lisbonne. Ce savant mélange de libéralisme et de social-démocratie, où la dérégulation est tempérée par un filet social minimum, où l'Etat ne joue plus qu'un rôle régulateur propre à favoriser l'activité économique, est désormais érigé en modèle par les Quinze, si l'on en croit les «conclusions» de ce sommet. Seul, il permettra à l'Union de réussir son passage dans la «nouvelle économie fondée sur la connaissance», la «Net économie», et d'atteindre d'ici dix ans le plein emploi.
Baroud d'honneur. La victoire du Premier ministre travailliste britannique n'a pas véritablement rencontré d'opposition, seule la France s'est livrée à un baroud d'honneur en essayant, en vain, de s'opposer à la libéralisation accélérée du transport (rail et contrôle aérien), de l'énergie et des services postaux. Le couple Jacques Chirac-Lionel Jospin est d'ailleurs apparu bien isolé dans la capitale portugaise, les idées défendues par les Français n'ayant guère eu de succès. Même la perspective d'un taux de croissance moyen de 3% pour les années à venir n'est plus un objectif en soi mais la simple conséquence de la mise en oeuvre de réformes structurelles visant à assouplir le marché du travail et à libéraliser l'économie. Jeudi et vendredi, l'interventionnisme étatique et les




