Moscou, de notre correspondant.
Un oeuf. C'est ce que le gouvernement russe a offert à Vladimir Poutine pour le féliciter de sa victoire: à 47 ans, avec plus de 52% des voix, il devient président de la Russie. C'est l'un des plus jeunes et le premier président des pays membres du Conseil de l'Europe a être élu au premier tour, un succès qui a plus de chance de figurer dans le livre Guinness des records que dans celui des victoires de la démocratie.
La participation affiche 68,96%, un taux comparable à celui de l'élection présidentielle de 1996, qui avait vu la victoire de Boris Eltsine, vieillard aujourd'hui oublié que l'on a vu à peine voter hier et baragouiner quelques mots, alors qu'il n'a passé le pouvoir à son dauphin proclamé que le 31 décembre dernier.
L'investiture du nouveau président aura lieu entre le 5 et le 8 mai. D'ici là, Poutine conserve sa double casquette de Premier ministre et de président par intérim. L'oeuf, en cristal, sombre et cependant transparent, était précédé d'un gros bouquet de fleurs rouges tenu par l'actuel numéro 1 du gouvernement chargé des Finances et probable futur Premier ministre Mikhaïl Kassianov, un homme bien connu des Occidentaux pour avoir souvent négocié la dette de la Russie. Le nouveau gouvernement qui intronisera les «hommes du Président» (lire ci contre) ne sera formé qu'à l'issue de l'investiture.
L'avenir est dans les oeufs, disait Ionesco, un auteur qui n'est pas tous les soirs au chevet de l'ex-colonel du KGB Poutine. Car le p




