Le Caire, envoyé spécial.
L'Europe et l'Afrique sont à la recherche d'une nouvelle cohérence dans leurs relations de voisinage. Aujourd'hui, les chefs d'Etat et de gouvernement de 67 pays, dont Jacques Chirac, se retrouvent au Caire pour un premier sommet afro-européen, censé instaurer un «partenariat stratégique» entre la maison Europe en construction et son arrière-cour pauvre, menacée de désintégration. L'Afrique tentera d'utiliser le sommet comme chambre d'écho à ses problèmes, en particulier son endettement étouffant. Conditions. L'Europe, qui dépense 85% de ses fonds d'aide sur le continent le plus proche, cherchera à mieux asseoir les «conditionnalités» de son concours: lutte contre la corruption, prévention ou règlement des conflits, maîtrise des flux migratoires et des pandémies comme le sida, protection de l'environnement et" droits de l'homme et démocratie. Dans un document interne pour préparer la conférence, l'Union européenne s'estime «otage» d'une politique africaine «qui prend ses racines dans l'héritage colonial de plusieurs Etats membres». Au moment où les Etats-Unis, le Japon et la Chine font des ouvertures à l'Afrique, l'Europe veut redéfinir ses rapports historiquement inégaux avec le continent voisin qui ne compte que pour 3% dans ses échanges commerciaux. A ce jour, alors que des sommets entre l'Europe d'un côté, et l'Asie et l'Amérique latine de l'autre, se sont déjà tenus, l'Afrique n'a pas eu droit au dialogue intercontinental. L'Union n'a ins




