Dili, envoyé spécial.
La reconstruction du Timor-Est, pour les fonctionnaires onusiens qui s’y attellent, c’est un peu la Genèse. «Je couvre toute l’administration du pays, qu’on bâtit à partir de rien" C’est une occasion unique, un rêve de fonctionnaire», se targue Jean-Christian Cady, ex-préfet de l’Aveyron et des Hautes-Alpes et numéro deux de l’administration transitoire des Nations unies au Timor oriental (Untaet). La soixantaine, le souriant fonctionnaire français est une sorte de Premier ministre de l’Untaet l’administration qui passera la main dans deux ou trois ans à un Etat timorais indépendant. Installé dans l’ancien Kantor gubernur (palais du gouverneur), un grand bâtiment blanc aux colonnades coloniales, le gouvernement transitoire est constitué d’un peu plus d’une centaine d’anglophones issus d’une vingtaine de pays répartis en «ministères». Leur principal lieu d’activité, une salle de cérémonie circulaire baptisée «fishbowl» (le bocal à poissons), est encombré de dossiers et d’ordinateurs portables. Quelque chose entre une start-up et une rangée de stands de kermesse. Ignorant tout du Timor il y a quelques mois, ils ont pour mission de créer de fond en comble un Etat, sur un territoire qu’il faut commencer par extraire du semi-néant dans lequel les anciens occupants indonésiens l’ont plongé avant de battre en retraite, en septembre dernier.
Prisons oubliées. «Ici, dans mon domaine, j’ai tout créé», proclame Ross Ballantyne, un sympathique Australien d’origine




