Lendemain de l'élection présidentielle que son mari a gagnée après vingt-six années dans l'opposition. Viviane Wade part au marché Kermel, au centre-ville de Dakar. Elle a besoin de fruits et légumes, d'ampoules aussi pour la villa du quartier «Point E» qui ne désemplit plus, dont les lumières ne s'éteignent pas depuis que le rêve d'alternance est devenu réalité au Sénégal. «Madame, il ne faut plus venir, lui glisse, l'air soucieux, le quincaillier. Désormais, vous n'êtes pas à votre place ici. Enfin, je viens depuis toujours!» Elle avance parmi les stands. De fortes vendeuses se ruent sur la miniature blonde: «La présidente! La présidente! Si c'est chaque fois l'émeute, pépie Viviane au milieu de la cohue, je ne pourrai plus faire mes courses chez vous.»
Les «mamans» de Kermel lâchent prise. Mais un touriste français se plante devant elle, caméra vidéo tournante à l'épaule. «Alors, ça vous fait quoi de devenir première dame?» Figée en colonne de sel, Viviane lui répond que «toutes les femmes du Sénégal sont des premières dames», qu'elle ne veut pas se «laisser enfermer dans un protocole». Elle n'est pas au bout de ses peines. Une compatriote surgit, se retire les écouteurs des oreilles et lui tend le micro de son baladeur. Viviane ne se départit pas de sa pédagogie. «Aux Sénégalais, il importe peu que je sois blanche. Je suis française de nationalité sénégalaise.»
Viviane Wade dit qu'elle n'a «jamais eu le sentiment de franchir une frontière». Pourtant, de sa Franche-Comt




