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Libération

Retour de la famine en Ethiopie. 12 millions de personnes sont menacées dans la Corne de l'Afrique.

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Publié le 13/04/2000 à 0h06

En se rendant hier à Godé, dans le sud-est de l'Ethiopie, la

directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Catherine Bertini, a pris soin de ne pas prononcer le mot «famine». Certes, dans la province éthiopienne de l'Ogaden, où il n'a pas plu depuis trois ans, les pasteurs nomades convergent sur les rives du fleuve Shebele et, notamment, à Godé, dont la population est passée de 40 000 à 60 000 personnes depuis six semaines. Rien qu'ici, quelque 400 personnes sont mortes de faim, surtout des enfants de moins de cinq ans, ces dernières semaines.

«Poches de malnutrition». Cependant, dans cette région semi-désertique, grande comme la Belgique mais peuplée seulement d'environ trois millions de nomades, personne ne mesure encore exactement l'ampleur des problèmes nutritionnels. Aussi, prudente, Catherine Bertini a-t-elle parlé de «poches de malnutrition identifiées» et non pas d'une catastrophe généralisée. Pour mieux évaluer la situation, elle se rendra également à Jijiga, toujours dans l'Ogaden, puis en Erythrée, au Soudan, à Djibouti et en Somalie.

Seize millions de victimes potentielles. Au total, douze millions de personnes sont menacées de famine dans la Corne de l'Afrique. Si l'on inclut la partie de l'Afrique centrale également en manque de vivres, cette évaluation globale s'élève même à seize millions de victimes potentielles. Mais, d'une part, il ne faut pas confondre péril et catastrophe. Et, d'autre part, toutes les situations ne se ressemblent pas, la famine n'étant

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