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Le Brésil célèbre ses 500 ans en réprimant les Indiens. Indigènes et paysans pauvres empêchés de manifester.

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Publié le 24/04/2000 à 23h51

Porto Seguro, envoyé spécial.

Amer anniversaire pour le Brésil. Samedi, les festivités des 500 ans ont été marquées par des affrontements violents. Bilan: 140 arrestations et une trentaine de blessés légers. Les Indiens en sont les premières victimes. Dès huit heures du matin, deux mille manifestants se dirigent vers la réserve des Indiens pataxos, à Coroa Vermelho, à 15 kilomètres de Porto Seguro. Ils souhaitent y rencontrer les 3 200 indigènes, réunis en conférence depuis une semaine. Aux abords de la réserve, le bataillon de choc de la police de l'Etat de Bahia les attaque à coup de matraques, de gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc. Dans la panique, ces étudiants, syndicalistes et leaders noirs se réfugient dans la réserve, une terre fédérale où la police locale ne peut entrer légalement. Cent quarante militants n'ont pas réussi à échapper à la police. Ils sont arrêtés et réunis sur une pelouse, entourés par un cordon de sécurité sous une pluie battante.

Réserve interdite. Vers 9 heures, les Indiens se retrouvent sous une tente de cirque à l'intérieur de la réserve. Enervés, ils préparent leur marche vers Porto Seguro. Ils ont déjà décidé la veille de ne pas remettre un document au président Cardoso lors d'une cérémonie à l'hôtel Vela Branca où se tiendra le déjeuner officiel. Ils ne souhaitent pas non plus que le Président entre dans la réserve pour inaugurer une croix plantée sur le lieu où a été célébrée la première messe au Brésil, le 26 avril 1500. Ces décisions o

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