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Les quartiers déversent leur spleen. L'engouement pour Livingstone traduit un vote protestataire.

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Publié le 04/05/2000 à 0h36

Londres, envoyés spéciaux.

Londres est parti pour succomber aux charmes de Livingstone. Pourquoi? Reportage dans cinq quartiers de la capitale.

A Highbury, où perce la révolte sur les transports C'est là, dans l'un des quartiers populaires, que le vote «Ken» fait mouche. Ana, 23 ans, et Elena, 22 ans, «déçues du New Labour», arborent donc des vignettes-effigies pour «Ken4London» («Ken for London»). «Blair va tomber à cause de son inaction, surtout en matière de transport», assure Ana. Londres compte 7 millions d'habitants. Et plus de 13 millions vivent à moins d'une heure et demie du centre. «Voyez le tube (le métro), dit Ana: le plus ancien du monde, le plus cher (20 francs le billet), le plus pourri aussi.» Saturation, pannes, retards: les 2,5 millions d'usagers dépriment. Livingstone s'est opposé à une privatisation partielle du métro, voulue par le gouvernement (et son candidat, Frank Dobson) et le candidat conservateur. «Ken, lui, ne veut pas qu'on revive le cauchemar du British Rail, assure Elena. On l'a privatisé, et la course au profit s'est faite sur le dos de la sécurité.» «Red Ken» propose une émission d'actions pour moderniser le métro et un gel du prix du ticket de bus et de métro. «Ce n'est pas tout, se lamente Elena. Il faut aussi changer les bus surchargés, les pistes cyclables inexistantes.» Sans parler des taxis, dont on laisse au prochain maire le plaisir d'annoncer l'augmentation annuelle des tarifs.

A la City, où l'épouvantail «Ken» fait sourire Le monde

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