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Suède: l'incendie de Göteborg jugé dans le deuil et les pleurs. En 1998, une discothèque s'enflamme: 63 morts et 180 blessés.

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Publié le 12/05/2000 à 0h27

Stockholm, de notre correspondant.

Un drame humain, une enquête fleuve, des moyens exceptionnels: le procès, qui s'est ouvert le 3 mai à Göteborg, est le plus gros qu'ait jamais connu la Suède. Dans la nuit du 29 au 30 octobre 1998, un incendie brutal ravage une discothèque improvisée dans une banlieue pour immigrés de Göteborg, sur la côte Ouest. Quatre cents personnes se trouvaient dans ce local prévu pour en accueillir 150. Plus de la moitié n'en ressortira pas indemne: 63 morts et 180 blessés. «Offense». Un an, une vingtaine de millions de francs (le procès le plus coûteux depuis l'affaire Palme) et 1 300 interrogatoires plus tard, la justice a arrêté quatre jeunes d'origine iranienne, certains au casier déjà chargé. Accusés d'incendie criminel aggravé, les quatre prévenus plaident non coupables. Seul un des quatre inculpés a admis avoir mis le feu à du papier dans la cage d'escalier donnant sur la discothèque, séparée d'elle par une porte anti-incendie. En allumant le feu, il voulait «gêner» les organisateurs de la fête qui avaient voulu lui faire payer ­ comme à tous ­ le droit d'entrée de 30 F. Lui voulait entrer gratis. «Il s'est senti offensé et mal traité lorsqu'il a voulu venir à la fête», affirme son avocat.

Porte cassée. Mais le procureur semble persuadé qu'il existe une sorte d'accord tacite entre les quatre jeunes. Ils trouvent un bidon d'alcool. L'un d'eux le prend avec lui. Ils déchirent du papier, en farcissent des fauteuils entassés au bas des escaliers. L

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