Freetown, envoyé spécial.
Confiant d'échapper à l'assaut des rebelles, le peuple de Freetown honore ses héros et ses morts. Hier après-midi, des obsèques nationales ont été célébrées dans le grand stade de la capitale pour dix-neuf «martyrs de la paix et de la démocratie», les manifestants abattus, lundi, devant la maison de Foday Sankoh, le chef du Front révolutionnaire uni (RUF), qui a depuis disparu. «Nous ne vous oublierons jamais, pas plus que les nobles idéaux pour lesquels vous êtes morts», a juré le président Ahmad Tejan Kabbah devant les cercueils alignés et les familles en pleurs. Après une longue pause, il a ajouté, parlant de Sankoh sans le nommer: «On n'aurait jamais dû faire confiance à un rebelle!» Un murmure d'approbation a alors parcouru les gradins. Et tout le monde a compris: c'est aussi l'accord de paix avec le RUF et la réconciliation nationale qui ont été hier, définitivement, portés en terre.
Si le président sierra-léonais, qui a déjà une fois été chassé de sa capitale par les rebelles, s'est à ce point enhardi, c'est qu'il croit, chaque jour un peu plus, en la pax britannica qui le protège. Il n'est pas le seul. A Freetown, la vie a repris son cours ordinaire, depuis que les parachutistes britanniques sont arrivés pour évacuer leurs compatriotes mais, en fait, montent des barrages routiers, patrouillent dans les rues et survolent en hélicoptère les abords marécageux de la capitale. Ils sont désormais 1051, en attendant qu'arrivent 2500 autres à bord d'u




