Moscou, de notre correspondant.
Passant quelques heures à Kiev, lors de sa tournée d'adieu à l'est de l'Europe, le président américain sortant a décroché ce que l'on attendait depuis cinq ans: une date butoir pour la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl avant la fin de l'an 2000. Cela sera chose faite le 15 décembre, ont annoncé dans un communiqué commun Bill Clinton et le président ukrainien, Leonid Koutchma. Car la centrale tourne encore, et la visite de Clinton en mondovision à Kiev n'a fait que remettre sur le devant de l'actualité ce fait ahurissant.
Le 26 avril 1986, à 1 h 23 du matin, l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale retourne comme une crêpe la dalle de béton de 2 000 tonnes qui le recouvre. Les produits de fission projetés dans l'atmosphère sont d'une intensité équivalente à 500 bombes de Hiroshima. Le plus effrayant nuage radioactif du XXe siècle se propage alors dans toute l'Europe, semant la mort lente en Ukraine, en Biélorussie et en Russie, alors réunies dans une Union soviétique qui mettra une bonne semaine avant de diffuser toute l'information et tardera à prendre des mesures d'envergure. L'Europe occidentale est moins atteinte, et le nuage, par décret implicite du gouvernement français, sera miraculeusement stoppé au-dessus du Rhin.
Dans les semaines qui ont suivi l'explosion, le maléfique réacteur numéro 4 a été étouffé sous un sarcophage en béton de 250 000 tonnes par les héros bafoués de l'Union soviétique qu'ont été les «liquidate




