L'absence de reconstitution des faits n'est pas la moindre des anomalies qui ont entaché l'enquête sur l'assassinat du chanteur Lounès Matoub, le 25 juin 1998, en Kabylie. Sa soeur Malika et, de son côté, Nadia, sa femme, l'ont souvent dénoncée. Du coup, Alger a décidé d'en finir avec ce problème avant le deuxième anniversaire de la mort du chanteur et l'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika à Paris, la semaine prochaine. La justice a donc convoqué sa famille mercredi à 9 heures sur les lieux du crime pour une singulière reconstitution. Les trois principaux témoins, Nadia et ses deux soeurs grièvement blessées au cours de l'attentat , étaient absentes. Arrivé vers 10 h 30, le juge d'instruction n'avait visiblement jamais fait de repérage, puisqu'il a demandé qu'on prenne des mesures et des photos des lieux, ce qui aurait dû au moins constituer une pièce du dossier. Il a fallu qu'un avocat note «l'impossibilité de faire une reconstitution sans la voiture» que conduisait Lounès quand il a été pris sous le feu, pour qu'on se préoccupe d'aller chercher un véhicule qui n'a jamais été mis sous scellés. La Mercedes arrivera finalement à 13 h 15, et le reste de l'après-midi se passera à relever les 78 impacts de balles. A aucun moment, Abdelhakim Chenoui un islamiste repenti présenté par la presse algérienne comme l'un des assassins, alors que le procureur de Tizi Ouzou a déclaré qu'il n'avait jamais eu à l'entendre dans cette affaire et ses deux autres codétenus ne sont descendus d
Lounès Matoub ou l'impossible vérité
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Première reconstitution deux ans après le meurtre du chanteur. Un leurre.
ParJosé GARÇON
Publié le 10/06/2000 à 2h05
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