São Paulo, envoyé spécial.
Ronny et Rosalia se sont mariés hier. Un couple parmi 112 à s'unir à la casa de detenção de Carandiru, à São Paulo. Cette noce collective, inédite dans le plus grand pénitencier brésilien, a mobilisé une grosse production: 1 500 invités annoncés, des tonnes de petits fours et une demi-douzaine d'équipes de télévision. Ronny, 24 ans, enfermé depuis cinq ans pour meurtre, et Rosalia, sa promise, ont vécu toute leur relation derrière les barreaux: des premiers regards aux premières caresses, de la grossesse de Rosalia à la première visite du bébé Luan, qu'un berceau attend désormais dans la cellule de Ronny. Leur histoire s'est construite au rythme des visites intimes hebdomadaires, permises au Carandiru, comme dans beaucoup de prisons brésiliennes, et toujours interdites en France.
Plaqué
Au Carandiru, ils sont 7 000 assassins, trafiquants et truands de tout poil. Chaque week-end, à 8 heures, les portes s'ouvrent. Après la fouille, le flot des visiteurs se répand dans un labyrinthe de ruelles, coincées entre des hauts murs d'enceinte et les huit pavilhões de cellules, des espèces de HLM provençales de cinq étages, avec petites fenêtres carrées et gros barreaux. A ce moment-là, «il y a tellement de femmes qui arrivent qu'on ne les compte même plus», raconte un gardien. Des jeunes pimpantes, les cheveux enduits de crème, jeans et T-shirts moulants, y promènent les effluves de parfums lourds. Beaucoup d'entre elles viennent avec leur nourrisson. Il y a aussi les




