Johannesburg envoyés spéciaux
Il y a un an, Thabo Mbeki était investi en grande pompe. Le 16 juin 1999, les milliers d'invités officiels et la foule de badauds qui étaient de la fête à Pretoria ont vu se tourner une page d'histoire en direct. Nelson Mandela à la retraite, c'en était fini d'une difficile et belle époque. Fini, aussi, les chemises à fleurs présidentielles et des choix de politique extérieure parfois fantaisistes. En penseur de la "renaissance africaine", son successeur allait tailler à l'Afrique du Sud un rôle à sa mesure sur le continent et dans le monde. Le Congrès national africain (ANC) l'avait promis pendant la campagne électorale, le nouveau pouvoir allait s'attaquer aux grands problèmes du pays: pauvreté, chômage, criminalité, corruption...
Violences politiques endiguées. Un an plus tard, le bilan est mitigé. Thabo Mbeki, qui était déjà aux affaires depuis 1995 au poste de vice-président, a certes insufflé un nouveau style de gouvernement. Dans les ministères, les directeurs généraux les plus corrompus ont été remplacés par une nouvelle garde de quadragénaires, pour la plupart issus du même moule que lui, l'appareil de l'ANC en exil pendant l'apartheid. Les portefeuilles clés sont allés aux ministres les plus efficaces du gouvernement Mandela, comme Kader Asmal, ministre de l'Education, qui passait pour un homme providentiel, avant de s'essayer sans succès à la réforme d'une école publique en crise.
Le pays est stable et les violences politiques ont été en




