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Libération

Heroes' Acre, cimetière des idéaux.

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Voyage dans le Panthéon des figures officielles de la ""révolution nationale"".

Publié le 23/06/2000 à 1h44

Heroes' Acre, envoyé spécial.

Au sud de Harare, une flèche en granit noir d'une cinquantaine de mètres porte en couronne la flamme éternelle. Au pied de la tour, un monument aux morts est flanqué de deux hauts-reliefs en bronze dont les panneaux géants rappellent la lutte héroïque pour l'indépendance. De facture nord-coréenne, ils montrent un peuple pauvre mais digne dans sa révolte, qui finit par prendre les armes contre les colons blancs et triomphe, en 1980, en élisant Robert Mugabe, artisan de la libération. Tous les ans, le 11 août, se pressant sur des gradins taillés à flanc de colline, des milliers de Zimbabwéens commémorent ici les actes fondateurs de leur jeune nation et rendent hommage aux illustres disparus de leur cause commune.

Insigne honneur. Heroes' Acre est le sanctuaire de la "révolution nationale". En demi-cercles concentriques, trois terrasses à la base de la flèche noire accueillent soixante tombes. Pour l'instant, seuls quarante-deux héros, choisis par le Politburo du parti de Mugabe, y ont été portés en terre. Le sanctuaire est réservé aux "camarades", des combattants pour la plupart. Certains, pour avoir fauté, ne sont pas pour autant privés de l'insigne honneur. Tapfumaneyi Nyagumbo, surnommé "le Mandela du Zimbabwe" à cause des vingt et un ans passés en prison sous l'ancien régime blanc, a ainsi été admis bien qu'il se soit suicidé à la suite d'un scandale de trafic de voitures dans lequel il était impliqué.

"Celui-là nous manque beaucoup", explique le

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