La France occupera la présidence de l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2000, à la suite du Portugal. Sa précédente présidence, au premier semestre 1995, n'a pas marqué l'Histoire, loin de là: l'Hexagone était alors plus préoccupé par la préparation de l'élection présidentielle que par le destin de l'Union. Et, lors du sommet de Cannes, en juin, le tout nouveau président, Jacques Chirac, avait surtout brillé par sa défense des éleveurs du plateau de Millevaches, pénalisés par les dévaluations à répétition de la lire...
Depuis, les circonstances ont changé: l'euro est entré en vigueur depuis un an et demi, la croissance économique est solidement installée, l'élargissement à l'Est est désormais proche et le couple franco-allemand, moteur de l'intégration communautaire, est de nouveau opérationnel.
Et comme aucune élection n'est prévue durant ce semestre, la France pourra se consacrer à la réussite de la conférence intergouvernementale (CIG) sur la réforme des institutions communautaires, son principal dossier.
Au sommet de Nice, en décembre prochain, c'est l'avenir de l'Europe qui se jouera: les Quinze vont devoir dire s'ils sont prêts à accélérer leur intégration ou, à défaut, si une avant-garde de quelques pays poursuivra son chemin vers la fédération, comme le souhaite l'Allemagne.
A la veille de ce semestre crucial pour l'Europe et pour la France, Libération publiera, tout au long de la semaine, une série d'enquêtes sur les relations parfois complexes qu'entretien




