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Libération

Un record mondial de longévité

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Le Parti révolutionnaire institutionnel règne sans partage depuis 71 ans.

Publié le 01/07/2000 à 2h42

Son nom est déjà tout un programme. PRI: Parti révolutionnaire institutionnel. Et que dire des qualificatifs dont on affuble les hiérarques du parti: parrains, caudillos, caciques... un vrai condensé des abus de pouvoir façon latino. A une nuance près: le système PRI règne sans partage sur le Mexique depuis soixante et onze ans, un record inégalé dans une Amérique latine douée pour les pronunciamientos à répétition. Un record mondial aussi. "Le PRI a établi au Mexique une dictature parfaite", a écrit l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa. La force du PRI serait plutôt d'être "un parti d'Etat et un Etat qui agit comme un parti", dixit l'Eglise catholique mexicaine.

Parti Janus. A l'origine de ce mélange des genres, la première mouture du PRI, le Parti national révolutionnaire, qui unifia, en 1929, l'ensemble des forces politiques locales et nationales et les associa au pouvoir. Le futur PRI se revendique dès le départ comme le parti de tout le Mexique.

Il peut donc sans craindre les contradictions baptiser "Che Guevara" un amphithéâtre de la fac de Mexico et mitrailler les étudiants en grève (1968)...Le parti-Etat a les traits de Janus. Il est à la fois la gauche et la droite (les présidents de la République PRI se succèdent selon une règle non écrite d'alternance), le patron et le syndicaliste (nationalisations et syndicats maison), l'héritier autoproclamé de Zapata et une bureaucratie corrompue, l'allié de Cuba et de la CIA, ou encore le laïcard soutenu par Jean Paul II. Une

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