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L'Afrique du Sud à marche forcée vers les terres promises

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Alerté par l'exemple zimbabwéen, Pretoria accélère la réforme agraire.

Publié le 17/07/2000 à 2h19

Johannesburg de notre correspondante

Igor Karan n'est pas un fermier comme les autres. Il n'a pas attendu la crise au Zimbabwe pour donner une partie de sa propriété à ses employés. Dès l'élection de Nelson Mandela, en 1994, il a décidé de leur céder 130 hectares gratis, pour qu'ils puissent y construire leurs propres maisons et cultiver leurs lopins. Après six ans d'attente, le temps pour l'administration d'installer eau et électricité, près de trois cents familles d'ouvriers noirs s'apprêtent à s'installer. Pour Sipho Mthembu, dix-sept ans au service de Igor Karan, la vie a changé. «Nous allons avoir un endroit à nous pour notre retraite, se félicite-t-il. Nous allons pouvoir gérer nos affaires, vendre le maïs pour nous-mêmes, ne plus appartenir à Karan...» Igor Karanovitch, fils de migrant russe, a raccourci son nom pour faire plus sud-africain. Il précise cependant n'avoir rien à faire avec les Boers, les fermiers afrikaners, qui le regardent d'un mauvais oeil. Et il se garde bien d'ériger son exemple en modèle. «Ici, une nouvelle génération de fermiers noirs peut parfaitement émerger par le biais d'acquisitions normales de terres», affirme-t-il.

Exorbitant. Au ministère de l'Agriculture et des Terres, on aimerait bien le croire. Le gouvernement a affirmé, le 4 juillet dernier, envisager des procédures d'expropriation pour faire décoller la réforme agraire. Selon Gilingwe Mayende, le directeur général du ministère, trop de propriétaires fonciers ­ les fermiers blancs ­ che

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