Moscou de notre correspondante
Si le but de la réunion de vendredi soir entre le président Poutine et 19 hommes d'affaires russes plus communément appelés «oligarques» était de clarifier les relations entre le pouvoir et le grand capital, c'est raté. Alors que, durant toute la semaine, des rumeurs laissaient entendre qu'un document pourrait être signé a l'issue de cette rencontre, il n'en est rien. Réunir tous les oligarques paraissait ardu. Qui rencontrer? Comment faire le tri entre les «bons» et les «mauvais» oligarques? Officiellement, ce n'est pas le président qui a voulu rencontrer le gotha du monde des affaires, mais ces derniers qui, par l'intermédiaire de l'ultralibéral Boris Nemtsov, l'ont souhaité. But affiché: débattre des relations pour le moins tendues entre le secteur privé et le gouvernement. En effet, depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir, certains oligarques ont déjà eu maille à partir avec la justice, comme Vladimir Goussinski, libéré mercredi soir.
Parmi les participants, on comptait Vagit Alekperov, directeur de LUKoil, l'entreprise pétrolière soupçonnée d'évasion fiscale, Vladimir Potanine, chef du groupe Interros accusé par la justice d'avoir «empêché» l'Etat de recevoir 140 millions de dollars lors de la privatisation, en 1995, du conglomérat Norilsk Nickel, et Rem Vakhirev, chef de Gazprom, le monopole gazier dont les bureaux ont récemment été perquisitionnés. Parmi les absents remarqués: Vladimir Goussinski, en Espagne depuis que son assignation à rés




