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Libération

La peur de l'Afrikaner des champs

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Les fermiers blancs d'Afrique du Sud se sentent assiégés.

Publié le 25/08/2000 à 3h41

Piet Retief envoyée spéciale

A bord de sa camionnette Volkswagen, Paul Eckhardt roule à toute allure sur les pistes de son domaine. En uniforme d'écolier, des enfants noirs lui font de grands signes du bord de la route, avant de disparaître dans un nuage de poussière. Paul Eckhardt répond de l'index, sans lâcher le volant. Sur des kilomètres, des rangées de pins et d'eucalyptus défilent. Son exploitation forestière s'étend sur 8 000 hectares, non loin de Piet Retief, une localité du Mpumalanga, province agricole du nord-ouest de l'Afrique du Sud. A l'entrée de la ferme, des grillages sont surmontés de barbelés. Un panneau lance un avertissement en trois langues, afrikaans, anglais et zoulou: «Tout intrus s'exposera non seulement à un chien méchant, mais aussi à une riposte armée.»

«Je ne veux pas vivre dans la peur, mais nous sommes obligés d'être prudents», explique Paul Eckhardt. Sa femme, une grande blonde, ne quitte jamais le panic buttonÊ(déclencheur d'alarme pour faire venir les vigiles d'une société de sécurité) qui lui sert de pendentif. Depuis décembre 1998, pas moins de dix-huit attaques de fermes ont été recensées dans le district de Piet Retief. Trois personnes sont mortes, un fermier blanc et deux employés noirs.

Cent morts par an. Le bilan n'est pas lourd, comparé à la centaine de meurtres par an, en moyenne, de fermiers blancs depuis l'avènement de la démocratie en 1994. Paul Eckhardt, responsable du syndicat Agriculture South Africa (Agri SA) à l'échelle du dist

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