Stockholm de notre correspondant
Turan Icten est inquiet. Dans sa petite boutique pleine de mille essences de cognac, whisky et autres, au milieu des bidons de jus de vermouth bianco et de bordeaux rouge, il se demande si les nouvelles règles sur les quantités d'alcool que les Suédois sont autorisés à introduire chez eux depuis le 1er juillet ne vont pas sonner le glas de son commerce. Observateur privilégié des us et coutumes éthyliques de ses compatriotes, Turan Icten tient depuis quinze ans son magasin dans l'ouest de Stockholm, où l'on peut dénicher le nécessaire pour fabriquer du vin, de la bière et toutes sortes de spiritueux, dans un pays qui vit sous la coupe d'une quasi-prohibition.
Car, ici, la vente d'alcool au détail est le monopole de l'Etat. Pour acheter un litre de rouge, il faut prendre un ticket et faire la queue dans un «Systembolaget», un de ces magasins où les bouteilles sont exposées derrière des vitrines. Les partisans du système disent que l'on y trouve un personnel savant et un choix unique. Mais la moindre bouteille de vin y vaut au moins 45 francs et, plus le degré d'alcool grimpe, plus les taxes s'envolent (200 francs les 70 ml de pastis). Dans les magasins d'alimentation, on ne trouve que des bières de «klass I» (sans alcool) et «klass II» (jusqu'à 3,5° d'alcool, ce qui permet aux adolescents, en insistant un peu, de s'enivrer).
Poids lourds contrebandiers. La Suède avait des règles tout aussi restrictives en matière d'importation d'alcool par les pa




