Borzoï (sud de la Tchétchénie) envoyée spéciale
Le voyage en hélicoptère de Khankala, la base des forces russes à Grozny, jusqu'à Borzoï, en haute montagne, non loin de Chatoï, s'effectue en moins de quarante-cinq minutes. L'armée met son moyen de transport le plus «sûr» à la disposition des journalistes étrangers; en échange, elle contrôle totalement leurs allées et venues. Il faut attendre longtemps sur le tarmac de Khankala avant que les gradés prennent une décision quant à la destination de l'appareil. Ils opteront pour Borzoï, une base censée contrôler l'ensemble du sud montagneux du pays, jusqu'à la frontière tchétchéno-géorgienne.
L'accueil est sans surprise: «Admirez, ici, c'est la Suisse!» s'exclame le colonel Andreï Fiodorov, 39 ans, en désignant le cirque de montagnes autour du haut plateau. «Notre Suisse, la Tchétchénie, quoi!» ironise-t-il. Il nous invite à venir le rejoindre sous sa tente, où il règne une chaleur effroyable. Cinq téléphones trônent sur une tablette près de son bureau. Suant, rougeaud, Andreï est mal à l'aise. «Nous nous trouvons ici depuis mai. Notre présence militaire est complètement normale car nous sommes ici sur notre territoire, comme partout ailleurs en Russie», affirme-t-il en s'essuyant le front. Quand on lui fait remarquer qu'«ailleurs, il n'y a pas d'opération antiterroriste», Andreï répète, maladroit: «Notre statut ici est le même que partout ailleurs en Russie. D'ailleurs, rien ne se passe. Tout est calme depuis plus d'un mois et dem




