Moscou de notre correspondante
L'oeil d'une caméra brutalement bouché par une main, un correspondant furieux de ne pas avoir pu faire son reportage: dimanche soir à Moscou, la chaîne de télévision privée NTV a accusé le Kremlin de l'avoir censurée lors d'un «direct» avec la Tchétchénie. Une semaine après la signature par le président Poutine d'une très ambiguë «doctrine sur la sécurité de l'information», les médias russes se sentent visés. Rédigé par un ex général du KGB, le document prône le renforcement des médias d'Etat, la lutte contre la «désinformation» et une redéfinition du statut des médias et des correspondants étrangers.
Dimanche soir, lors de la célèbre émission Itogui, Evgueni Kisseliov, le présentateur vedette et directeur général de NTV, avait annoncé une interview avec Bislan Gantamirov, leader tchétchène prorusse qui a combattu aux côtés des «fédéraux» lors de l'assaut sur Grozny. A l'heure dite, surprise: pas de Gantamirov mais un correspondant se plaignant que son cameraman a été «violenté» et «menacé de mort» par un colonel travaillant pour le «centre d'information» de la base russe de Khankala à Grozny.
Le lendemain, Serguei Iastrjembski, le conseiller présidentiel en charge de la Tchétchénie, se fend d'une mise au point: «Il ne s'agit pas d'introduire la censure. Les reportages tournés en Tchétchénie par des médias russes et étrangers n'avaient pas à être autorisées avant leur diffusion et ne le seront pas.» Des excuses ont même été présentées aux auditeur




